Chargeur universel : la Commission européenne veut faire de l’USB-C le port standard pour tous les smartphones

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Passage à la vitesse supérieure. Bruxelles annonce ainsi « en finir avec la frustration des consommateurs et les déchets électroniques » et proposer « un chargeur universel pour les appareils électroniques ».

Le dossier semble trainer depuis trop longtemps aux yeux de la Commission européenne. Celle-ci a ainsi décidé de passer à la vitesse supérieure. Elle rappelle promouvoir « la mise en place d’un chargeur universel pour téléphones mobiles et dispositifs électroniques similaires depuis 2009 » et avoir finalement « décidé de procéder par voie législative pour qu’une telle solution soit mise en place ». Selon elle, les principaux obstacles sont « le manque d’interopérabilité et la fragmentation des technologies de charge ».

« Cela fait suffisamment longtemps que les consommateurs européens sont agacés par l’accumulation de chargeurs incompatibles dans leurs tiroirs. Nous avons donné au secteur tout le temps nécessaire pour qu’il propose ses propres solutions, mais le temps est désormais venu de prendre des mesures législatives en faveur d’un chargeur universel », explique Margrethe Vestager, vice-présidente exécutive pour une Europe adaptée à l’ère du numérique.

Trois chargeurs de mobile, deux utilisés régulièrement

Au-delà du tracas des câbles à n’en plus finir côté utilisateur, l’objectif est *de réduire « l’empreinte environnementale associée à la production et à l’élimination des chargeurs« .

Quelques chiffres sont donnés. « En moyenne, les consommateurs possèdent environ trois chargeurs pour téléphone mobile et en utilisent deux régulièrement. Malgré cela, 38 % des consommateurs déclarent avoir rencontré au moins une fois le problème de ne pas pouvoir recharger leur mobile parce que les chargeurs disponibles étaient incompatibles », tel est le décor planté par Bruxelles. Autre chiffre : « les chargeurs mis au rebut ou non utilisés représentent jusqu’à 11 000 tonnes de déchets électroniques par an ».

« Les chargeurs alimentent tous nos appareils électroniques les plus essentiels. Avec un nombre toujours plus important d’appareils, un nombre croissant de chargeurs non interchangeables ou inutiles sont vendus. Nous mettons un terme à cette situation. Avec notre proposition, les consommateurs européens pourront utiliser un chargeur unique pour l’ensemble de leurs appareils électroniques portables. Il s’agit d’une mesure importante pour améliorer la commodité et réduire les déchets », se félicite Thierry Breton, commissaire chargé du marché intérieur.

Bruxelles souhaite par ailleurs :

« une technologie harmonisée de recharge rapide qui permettra d’éviter que différents producteurs limitent la vitesse de charge de manière injustifiée et contribuera à faire en sorte que la vitesse de charge soit la même quel que soit le chargeur compatible utilisé avec un appareil »

–  une dissociation entre la vente d’un chargeur de la vente de l’appareil électronique qui « limitera l’achat de chargeurs indésirables ou le nombre de chargeurs laissés inutilisés »

« une meilleure information des consommateurs » avec « des informations pertinentes sur les performances en matière de charge, y compris des informations sur la puissance requise par le dispositif et sur la question de savoir si celui-ci prend en charge la recharge rapide ».

La dernière proposition doit permettre aux consommateurs 250 millions d’euros d’économies par an en évitant l’achat des chargeurs inutiles.

Mais quid du câble ? À la question d’avoir toujours un câble dans la boîte, Bruxelles répond que « c’est l’élément qui casse plus souvent » et que « les câbles peuvent être utilisés à d’autres fins que la recharge, par exemple pour transférer des données, et peuvent servir à la recharge directe dans certaines circonstances ». Et de conclure : « le produit pourra toujours être vendu avec un câble dans la boîte ».

Apple dans le viseur de Bruxelles

« Des années de collaboration avec le secteur dans le cadre d’une approche volontaire ont déjà permis de réduire le nombre de chargeurs de téléphones mobiles de 30 à 3 au cours de la dernière décennie, mais pas de parvenir à une solution complète. La Commission propose à présent une législation visant à mettre en place une solution de charge universelle pour tous les dispositifs concernés », déplore la Commission européenne.

Et d’annoncer que « le port USB Type-C deviendra le port standard pour tous les téléphones intelligents, tablettes, appareils photographiques, casques d’écoute, haut-parleurs portatifs et consoles de jeux vidéo portatives ». Bruxelles entend permettre « aux consommateurs de charger leurs appareils avec le même chargeur USB Type-C, quelle que soit la marque de l’appareil ».

Le nom d’Apple n’apparaît jamais. On se doute bien que la firme à la pomme est dans le viseur avec sa connectique propriétaire Lightning. Il s’agit aussi de faire disparaître la connectique Micro-USB toujours là malgré l’USB-C. Répondant d’ailleurs à l’argument de Cupertino concernant l’innovation, Bruxelles souligne que la proposition « vise à fournir aux consommateurs une solution ouverte et interopérable tout en permettant l’innovation technologique » et « encourage l’innovation technologique en matière de recharge filaire et sans fil ».

Mais pour quand ?

Dans son communiqué du 23 septembre et sa foire aux questions sur le sujet, Bruxelles explique que « la proposition sera soumise au Parlement européen et au Conseil en vue de son adoption selon la procédure législative ordinaire », estimant qu« ‘une période de transition de 24 mois à compter de la date d’adoption donnera au secteur suffisamment de temps pour s’adapter avant l’entrée en application« . Soit un cap fixé pour 2024.