Android : Google Search désormais aux côtés de trois moteurs de recherche concurrents

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Régulièrement accusé d’abus de position dominante, Google donne de la visibilité à ses concurrents sur Android. Les utilisateurs auront trois alternatives au premier lancement de leur appareil.

La mesure concerne l’Europe et vaut depuis le dimanche 1er mars. Au premier lancement d’un appareil Android, les utilisateurs auront désormais le choix de leur moteur de recherche par défaut. Un écran de réglage apparaîtra lors de la phase de configuration. Il y aura bien évidemment Google Search, mais aussi trois concurrents. L’ordre d’affichage variera d’une configuration à une autre. Google pourra ainsi occuper la première place, comme la dernière.

Quant aux alternatives proposées, elles varieront d’un pays à l’autre. En France, nous aurons droit à DuckDuckGo, Info.com et Qwant jusqu’au 30 juin 2020. L’Américain DuckDuck Go sera présent dans 31 pays, tandis que le Russe Yandex le sera dans cinq pays de l’Europe de l’Est et Bing au Royaume-Uni. Qwant a, quant à lui, remporté les enchères dans un peu moins de dix pays.

Comment sont définies les alternatives ?

Google a mis en place en mécanisme “d’enchères”. Plus concrètement, tous les quatre mois, un nouveau tour permettra aux moteurs de recherche concurrents d’indiquer ce qu’ils sont prêts à payer à Google lorsqu’ils sont choisis par l’utilisateur. Ils paieront finalement le montant de la quatrième “enchère”. Des montants qui pourront ainsi varier selon les moteurs de recherche et les marchés ciblés prioritairement. Les moteurs qui apparaitront seront ainsi ceux qui étaient prêts à payer le plus.

Le choix n’en est pas vraiment un pour Google

Google est régulièrement accusé d’abus de position dominante et en proie à de lourdes amendes. En 2018, l’Europe lui a notamment infligé une amende record de 4,34 milliards pour abus de position dominante avec Android. Elle lui reprochait d’abuser de la position dominante de son OS avec une licence permettant l’accès au Play Store qui requière la préinstallation de ses propres moteur de recherche et navigateur Web.

Si on peut y voir une petite place à la concurrence, alors que la recherche passe désormais beaucoup par le mobile, la pratique ne fait pas l’unanimité. “En mettant en place des enchères, c’est un peu comme si Google faisait payer son amende à ses concurrents”, selon Guillaume Champeau de Qwant. Et d’ajouter que “la visibilité d’un moteur de recherche ne devrait pas être liée à sa capacité à payer Google”. La Commission européenne a fait savoir qu’elle gardera un oeil à ce sujet. Tant mieux.

 

Sources : Numerama et Les Echos