L’Europe laisse Huawei participer à la 5G et présente sa toolbox pour garantir la sécurité des réseaux

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L’Union européenne présente un toolbox pour garantir la sécurité des réseaux 5G sur le Vieux Continent. Malgré les pressions américaines pour évincer Huawei, elle confirme ne pas fermer la porte au groupe chinois.

L’Union fait la force !

Évoquant une proximité avec le gouvernement chinois et des risques d’espionnage, les USA ont décidé de bannir purement et simplement Huawei du déploiement de la 5G. Dans la foulée, ils ont invité leurs alliés à faire de même. Certains ont rapidement suivi comme le Japon ou l’Australie, et d’autres non. L’Union européenne a fini par s’emparer du dossier. Il s’agissait d’afficher une certaine cohésion et d’adopter une réponse commune, dans un contexte de dissonances. De quoi se positionner clairement face aux pressions américaines. Mais également d’assurer de la clarté aux opérateurs télécoms qui vont investir massivement dans le déploiement des réseaux.

Une boîte à outils donnant les grandes lignes dans la sécurisation des réseaux

Thierry Breton, le commissaire européen en charge du Numérique, a ainsi présenté ce mercredi une boîte à outils ou toolbox. Conçue avec les États membres, celle-ci comprend des recommandations que les signataires se sont engagés à mettre en pratique d’ici le 30 avril. Elle doit permettre aux opérateurs télécoms de savoir quelle voie empreinter. Les opérateurs sont notamment invités à éviter de se fournir auprès d’équipementiers considérés comme à risques. La mesure concerne en particulier le déploiement dans les zones sensibles. À proximité d’une zone militaire, par exemple. Il y a également la recommandation d’adopter une stratégie multi-fournisseurs. Mieux vaut en effet éviter la dépendance vis-à-vis d’un fournisseur.

Huawei pas évincé, mais…

Malgré l’insistance concernant le fait que personne n’est écarté, de telles recommandations visent évidemment à limiter l’expansion de Huawei en Europe. L’indication de fournisseur à risques fait évidemment référence au groupe chinois. De son côté, la multiplication des fournisseurs réduit mécaniquement la taille potentielle de ses contrats. En plus d’apporter des orientations en termes de sécurité, de telles recommandations poussent donc implicitement à l’adoption des solutions européennes, comme celles proposées par Ericsson et Nokia. Précédemment, Thierry Breton, ancien patron de France Télécom (2002-2005) et ministre français de l’Économie (2005-2007), avait en effet invité les opérateurs à favoriser les technologies européennes, ne serait-ce que pour garantir une indépendance dans des domaines stratégiques comme la 5G. Il avait également déclaré être dans son rôle en poussant à s’équiper “européen”. Sécurisation des réseaux, soutien des technologies européennes et réponse aux pressions américaines, c’est un peu d’une pierre trois coups.