Test de la PlayStation Classic : vais-je changer d’avis à son sujet ?

J’ai toujours fait un pas en avant puis un pas en arrière, avant de l’acquérir. Un cadeau d’anniversaire fait que la PlayStation Classic, version réduite de la première PlayStation, a atterri à la maison. Voici mes impressions après quelques heures passées dessus.

> Moi et la PlayStation : ça ne date pas d’hier

La PlayStation, je l’ai connue à ses débuts. Des amis de la famille l’avaient chez eux. Lorsqu’il y avait des invités, les enfants jouaient à Tekken 3 pendant que les adultes parlaient entre eux.

Je l’ai acquis peu de temps après avec Tekken 3, évidemment. Mais j’ai aussi passé de nombreuses heures à faire des figures dans Dave Mirra Freestyle BMX, pendant que mon frère cumulait les heures sur Medal of Honor. En tant que fan de rétrogaming, j’ai également eu la PlayStation et sa version réduite la PSOne en étant adulte, avant de les revendre, car je pouvais jouer à ses jeux sur la PlayStation 2. De cette console, j’adore aussi Rayman, Crash Bandicoot, Theme Hospital, Alerte Rouge, WipEout et Colin McRae Rally.

Voilà pourquoi la PlayStation Classic a tout naturellement attiré mon attention. Il a toutefois fallu attendre qu’elle prenne la forme d’un récent cadeau d’anniversaire pour arriver chez moi. J’avais en effet toujours hésité du fait d’un bel objet, mais d’un catalogue rachitique et peu surtout peu attractif. Mais maintenant qu’elle est là, autant la tester. Peut-être cela me fera-t-il changer d’avis à son sujet.

> Déballage : un joli packaging, mais pour l’écologique, on repassera

Si l’on peut déjà accorder une chose à Sony, c’est le packaging plutôt réussi. Il donne vraiment envie. Par contre, on repassera pour le côté écologique. On se retrouve en effet avec des boîtes dans des boîtes, façon poupées russes. On sait les fans de rétrogaming adeptes du carton (et du polystyrène), mais peut-être pas forcément à ce point-là. L’une des trois boîtes apparaît vraiment superflue.

Mais que trouve-t-on, d’ailleurs, dans cette superposition de cartons ? Eh bien, comme promis sur la boîte extérieure : la console, deux manettes, un câble HDMI et un câble Micro-USB/USB.

Commençons par la console. Fidèle à l’originale, cette réduction profite en outre d’une finition exemplaire.

Rappelons que le lecteur CD est factice, contrairement à son bouton. Ce dernier permet en effet de changer virtuellement de CD pour les jeux reposant sur plusieurs CD, à l’image de Final Fantasy VII. Idem pour les emplacements pour carte mémoire. Le stockage passe par une mémoire interne.

Pour donner une idée de la taille, voici une photo de la console aux côtés de mon Zenfone Max Pro M1, un smartphone de 6 pouces. Le joujou est vraiment minuscule.

Passons aux manettes. Il s’agit des versions simples. Pas les Dual-Shock avec sticks et moteurs de vibrations. Leur câble s’avère suffisant pour jouer sans être scotché à l’écran. Quant à la connectique USB, elle permettra une utilisation sur PC.

Concernant la connectique de la console, on trouve juste les câbles. Pas de chargeur. J’ai d’ailleurs remarqué que le branchement en USB au téléviseur ne suffisait pas à alimenter le joujou. Il m’a fallu utiliser un chargeur de smartphone.

En parlant d’alimentation, la console ne s’éteint pas vraiment. Elle reste en veille, avec le voyant orange (vert quand elle tourne). Dommage pour la consommation électrique, certes minime, mais quand même inutile.

> Une interface bâclée

Allumons maintenant la bête. Premier constat : les temps de chargement sont un peu longs, alors qu’on aurait espéré ça en évitant la lecture sur disque. Surtout pour des jeux qui datent. Deuxième observation : Sony ne s’est pas foulé pour l’interface : un carrousel de vignettes, quelques boutons d’options en dessous et roulez jeunesse. Pourquoi pas, pour le côté épuré. Reste que l’interface donne un ressenti de travail bâclé. Citons l’exemple du guide des touches avec le titre et les boutons en français, quand le schéma apparaît en… espagnol.

> Trop peu de jeux intéressants

Et nous voilà au point le plus attendu, et surtout le plus raté de la console : son catalogue de jeux. Commençons par le positif. Le jeu de baston Tekken 3 (image ci-dessous) apparaissait indispensable.

Les titres de plate-forme Rayman (image ci-dessous) et Oddworld: Abe’s Oddysee restent agréables à jouer. Le peu de recours à la 3D fait qu’ils ont bien vieilli.

On peut aussi aimer le jeu de course R4 Ridge Racer Type 4 (image ci-dessous). Malgré ses graphismes un peu vieillots, il ne décroche pas tant la rétine que ça.

Maintenant, du côté de l’imbuvable, il y a Battle Arena Toshinden et Grand Theft Auto. Ils s’avèrent vraiment infâmes. Jumping Flash (image ci-dessous) est sympa dans le principe et bouge pas mal, mais pique vraiment les yeux.

Même constat avec Resident Evil Director’s Cut et Syphon Filter (captures ci-dessous). Les personnages apparaissent taillés à la hache et ça pixelise de partout.

Quant à Super Puzzle Fighter II Turbo (image ci-dessous), un mélange de Columns de Sega et Street Fighter de Capcom, il donne vraiment une impression de remplissage. Clairement le jeu qu’on n’attendait pas.

Le problème est double pour le catalogue, en fait. Le premier réside dans le peu de titres réellement intéressants. Il manque un Crash Bandy Coot, un V-Rally ou un WipeOut. Et pourquoi pas les trois, quitte à faire du revival. Le second concerne les graphismes. Si les jeux 2D d’une Nes ou Super Nes ont bien vieilli et restent globalement agréables à rejouer sur une Nintendo Classic Mini ou Super Nintendo Classic Mini, les titres 3D de la PlayStation encaissent moins bien les années et peuvent vite se révéler une torture sur cette PlayStation Classic. On se retrouve ainsi avec seulement quelques titres sympas, voire simplement potables, sur les 20 annoncés. Vous avouerez que ça ne fait pas beaucoup…

> À acquérir, mais pas plein pot (ou mieux, en cadeau)

Que penser de cette PlayStation “mini”, au final ? Pour les collectionneurs, le bel objet pourra se faire une place dans une étagère. Il permettra aussi d’embarquer un bon vieux Tekken 3 dans le sac pour des parties chez les amis, et de se refaire quelques titres sympas comme Rayman ou Oddworld: Abe’s Oddysee en solo. Les deux manettes USB pourront aussi servir sur d’autres appareils. Sur PC, par exemple. Personnellement, j’ai pu en utiliser une sur ma Freebox mini 4K.

Autant dire qu’elle ne vaut pas la centaine d’euros initialement demandée. Ni même la soixantaine actuellement affichée chez la plupart des commerçants. Maintenant, si vous la voulez vraiment, autant attendre une promotion ou la dénicher en occasion auprès d’une personne qui en attendait beaucoup et qui l’aura utilisée une ou deux fois. Bref, mes premières impressions se confirment, malheureusement.