SFR : un licenciement pour refus de photocopies

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Voilà une affaire dont se serait sans doute volontiers passé SFR. L’un de ses anciens salariés déclare avoir été licencié pour des photocopies refusées à une personne proche de la direction du groupe.

> Le contexte

Comme le rapporte le site 20 Minutes, trois personnes entrent le 15 mai dernier dans l’espace SFR de Montesson, dans les Yvelines (78). L’une d’elles se présente comme une salariée de SFR au siège de la Défense et demande au vendeur Steevy M des photocopies de ses feuilles d’imposition. Il s’exécute.

Elle demande ensuite la même chose pour l’une des accompagnatrices. C’est alors qu’il refuse au prétexte qu’il ne peut se « permettre d’utiliser autant de feuilles de papier au détriment des autres clients »La suite diffère ensuite selon les versions.

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> La version de la direction

Dans la lettre reçue le 14 juin 2018 par Steevy M, SFR évoque un licenciement pour « cause réelle et sérieuse ». Lors d’un différend avec une salariée, il aurait refusé de faire des photocopies en haussant le ton et en étant vulgaire devant les clients, ce qui porterait atteinte à l’image de l’entreprise. L’ex-salarié de SFR aurait notamment dit : « J’en ai rien à foutre, je ne le ferai pas ».

Contactée par 20 Minutes, la direction a confirmé un licenciement « pour faute », un licenciement lié à un comportement incompatible « avec les valeurs de l’entreprise ».

> La version du salarié… et d’une cliente présente

Maintenant, la version du salarié n’est pas la même. Selon Steevy M, la personne lui aurait dit : « vous ne savez pas qui je suis, je suis la sœur d’Armando Pereira (ndrl : le directeur général délégué de SFR)« . Elle aurait poursuivi en indiquant qu’il allait « avoir des problèmes ». Pour calmer le jeu, son responsable aurait fini par intervenir et par faire les photocopies demandées. En revanche, Steevy M affirme n’avoir jamais haussé le ton.

Cette version a été confirmée par une cliente, qui s’est portée témoin et parle d’un vendeur ayant répondu « poliment » face à une personne capricieuse, agressive et menaçante. Cette personne aurait ordonné « d’exécuter ses désirs » et indiqué au vendeur qu’elle pouvait lui faire perdre son emploi.

> Réaction syndicales, affaire devant les Prud’Hommes

Plusieurs syndicats ont réclamé la réintégration de Steevy M. L’ex-salarié compte quant à lui porter l’affaire devant le conseil des Prud’Hommes.